Enclavement et talon de violoncelle

Vous n’y croyiez plu, moi non plus et pourtant si , je vous le promets je finirai ma série d’articles sur la fabrication des instruments de la famille du violon et plus spécifiquement de ce violoncelle.

Nous en étions restés au moment où le manche du violoncelle était prêt à être enclavé.

L’enclavement est une technique pour relier le manche au corps de l’instrument qui est apparue au XIXème siècle. Avant ça le pied de manche était tout simplement collé à l’éclisse du haut et cloué au tasseau (du haut toujours, vous suivez?).

Cette technique a permis d’incliner le manche et de rehausser la projection (pour faire simple disons la hauteur de corde au chevalet). L’enclavement est en fait une technique de tenon/mortaise, on creuse une mortaise dans le tasseau du haut où vient s’enclaver le pied de manche (le tenon).

Cependant cette technique est un peu casse-tête car il faut d’une part ajuster quatre surfaces :

– les deux côtés de la mortaise aux côtés du pied de manche

– le centre de la mortaise au dessous du pied de manche

– et le talon à l’extrémité du pied de manche

mais d’autre part il faut aussi (sinon ce serait trop simple) :

– s’assurer du bon centrage du manche

– finir avec le bon appui (distance du dessous de la touche au bord de la table)

– finir avec la bonne distance entre le sillet du haut et le bord de la table

– finir avec la bonne hauteur de projection au chevalet

-et éventuellement ajouter un peu de poiriette (inclinaison horizontale du manche pour que le chevalet soit un peu plus symétrique)

Vous avez lu jusque-là et n’avez pas trop mal à la tête? Bien, alors je vous invite à cliquer sur les vignettes de la galerie pour voir les photos en grand, ainsi que les explications qui les accompagne.

 

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Un petit mot sur la finition du manche : étant un élément primordial pour le confort de jeu du musicien, j’y apporte le plus grand soin. Le manche est une des rares parties de l’instrument que je ponce et ce à plusieur reprise, de façon à ce qu’il soit le plus doux possible, tout en veillant à ce qu’il ait des dimensions et une forme facilitant le jeu.

1 Commentaire

  1. kitou
    29 octobre 2011

    C’est vraiment du bel ouvrage ! Bravo !

    Répondre

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